Quel passionné de football n’a pas rêvé un jour sur le rôle mystérieux des agents de joueur. Les remous autour du divorce entre Nabil Fékir et Jean-Pierre Bernès, son agent sportif, en ont interpellé plus d’un.

La réussite spectaculaire de Jérôme Lancery a également de quoi faire tourner les têtes. La création de sa société JL Sport ne date que de 2016.

Alors qu’est-ce que fait exactement un agent de joueur ? Quel est son parcours ? Comment gère-t-il son activité ?

 

Que fait un agent de joueur?

On pense naturellement, en premier, aux négociations entre clubs qui voient les meilleurs joueurs, autrement dit, les « bankables« , s’échanger comme des titres boursiers.

Sans qu’ils aient, semble-t-il, beaucoup à redire.

 

De la négociation

Or, à ce stade, les joueurs qui sont assistés par un agent de joueur reconnu bénéficient incontestablement d’un solide coup de pouce pour faire avancer leur carrière. Choix du club où ils vont jouer, conditions financières, tout cela fait l’objet d’une négociation tripartite menée par l’agent du joueur, entre le joueur et les clubs.

Sonia Souid, agent de joueur de foot.
Sonia Souid, agent de joueur de foot. Son article dans Forbes

Ajoutons qu’une telle négociation n’est pas réservée exclusivement aux joueurs. Des entraineurs ou des sélectionneurs ont aussi des agents sportifs.

 

Du conseil

Mais, le rôle de l’agent de joueur ne s’arrête pas à la seule négociation des conditions d’emploi de son poulain. Il intervient également à ses côtés en tant que conseil pour la gestion de ses affaires.

Jérôme Lancery (agent de joueur) lors de la signature du contrat de Mickael Landreau. - Bruno Perrel/FCL
Jérôme Lancery (agent de joueur) lors de la signature du contrat de Mickael Landreau. – Bruno Perrel/FCL article L’Expansion

Il peut ainsi l’aider à choisir les secteurs où investir ses gains, l’assister pour prendre le contrat d’assurance le mieux adapté à son profil, ou encore l’accompagner pour accomplir ses déclarations fiscales.

Et ce n’est pas tout.

 

De la préparation physique et mentale

L’agent de joueur va évidemment avoir à cœur que son poulain soit dans la meilleure forme physique possible. Ce qui suppose qu’il lui organise des programmes spécifiques, mêlant entrainement physique et développement personnel.

Dans certains cas, ceux-ci peuvent même inclure un accompagnement de sa famille.

On voit bien que quelles que soient les qualités de l’agent de joueur, il ne peut pas tout faire lui-même pour optimiser la carrière de ses clients. Il fait donc appel à des spécialistes, conseils en investissement, conseillers fiscaux, préparateurs physiques, autant que de besoin.

 

Une rémunération de 7 %

En contrepartie de ses services, l’agent de joueur perçoit une commission. Elle est assise sur le contrat qu’il a négocié pour son joueur, et cela pendant toute la durée du contrat.

Le taux de commission évolue selon les agents de joueur entre 3 et 10 %. Il s’applique sur la rémunération brute du joueur et il ne peut en aucun cas dépasser 10%. Le taux moyen est de 7 %.

L'agent de joueur de foot italien Mino Raiola
En 2016, l’agent italien Mino Raiola a touché 27 millions d’euros de la Juventus pour le transfert supérieur à 100 millions d’euros de Paul Pogba à Manchester United, selon Eurosport.

Sur cette base, le chiffre d’affaires de la société de Jean-Pierre Bernès, où il officie seul en tant que négociateur, a atteint près de 150 millions d’euros en 2018. Il « gère », en général, 4 ou 5 entraineurs et 10 ou 12 joueurs.

 

Agent de joueur de foot définition

Un agent de joueur de foot, ou un agent sportif, est donc un intermédiaire entre un joueur de foot, un entraineur ou un sélectionneur et un club de foot.

Sa mission est de négocier pour le compte de ses clients le meilleur contrat de travail possible. Elle est aussi de gérer leurs relations publiques et, d’une manière générale, de les assister dans tous domaines.

Il se rémunère par un pourcentage, en moyenne de 7 %, sur le montant brut des accords négociés pour ces clients.

 

Quel est le parcours d’un agent de joueur ?

Jean-Pierre Bernès est devenu agent de joueur après l’affaire VA-OM, de triste mémoire. Il a appris le métier, sur le tas, auprès d’Alain Migliaccio, dans les années 90.

Jérôme Lancery, était ingénieur, spécialisé dans la recherche pétrolière, avant de lancer sa société. Passionné de foot, il a suivi une formation pour pouvoir décrocher la licence FFF et exercer son activité en toute légalité.

 

Nécessité d’une licence

En effet, il ne suffit pas d’être passionné de foot pour être agent de joueur. Il faut en avoir la licence.

Celle-ci est délivrée par la FFF, après un examen. C’est un examen difficile. Le taux de réussite n’est que de 10 %.

Il se déroule en deux parties :

  • La première est commune à tous les sports et son contenu est très juridique. Elle concerne, notamment, le code du sport.

 

  • La seconde est spécifique au sport dans lequel le futur agent de joueur compte exercer.

A noter que curieusement, il paraît plus simple de s’établir en France comme agent de joueur quand on est originaire d’un État où la profession n’est pas réglementée.

Jean-Pierre Bernès et Jérôme Landry sont des figures de proue du milieu des agents de joueurs de football. Mais, il y a de très nombreuses façons d’exercer le métier.

Et bien différentes.

 

Comment un agent de joueurs gère-t-il son activité ?

A vrai dire, il y a un monde entre les têtes d’affiche et les agents de joueur locaux. Ainsi, sur les 350 agents inscrits sur la liste des licenciés de la FFF, au moins une centaine ne travaille pas.

Quant aux 250 autres, la plupart en sont réduits à travailler pour d’autres agents déjà installés ou à cumuler cette activité avec une activité n’ayant rien à voir avec le football.

Cela n’empêche pas 400 à 500 candidats, ayant pour l’essentiel suivi une formation spécifique, de tenter chaque année de décrocher le précieux sésame.

Or, l’activité d’agent de joueur se gère comme une entreprise. Ce n’est pas le tout d’aimer le football et d’avoir réussi l’examen pour exercer le métier de ses rêves. Il faut, aussi et surtout, pouvoir en vivre !

 

Des situations extrêmement variables

A l’indispensable connaissance des pratiques sportives et des réseaux, il faut adjoindre la non moins indispensable connaissance de la gestion d’une entreprise. Sinon, très vite, les frais de déplacement et de téléphone ont tôt fait d’absorber les maigres recettes perçues sur des contrats négociés pour des joueurs bien éloignés de la Ligue 1.

En fait, les débuts d’un agent de joueur ressemblent beaucoup à ceux d’un jeune médecin, frais émoulu de son université, et qui s’installe dans un secteur où il est totalement inconnu.

Il lui faut donc prendre son mal en patience et s’organiser pour durer. Certes, pour de grands clubs comme le PSG, l’AS Monaco ou l’O.M., les sommes versées, au total, aux agents de joueur atteignent des sommets. Ainsi, elles ont varié de 11 millions d’euros à 26 millions d’euros, pour la saison 2018/2019.

Mais, pour des clubs comme l’Avenir Sportif Béziers, l’US Orléans, ou le Red Star Fr, ces sommes dépassent rarement 100 000 euros. Pour la saison 2018/2019, elles n’ont varié que de 36 000 euros à 100 000 euros.

Beaucoup de ces agents sportifs aimeraient sans doute s’occuper du joueur de Leicester City, Faiq Bolkiah, neveu et héritier du sultan de Brunéi, et l’une des plus grosses fortunes mondiales.

Le joueur de foot le plus riche du monde 2018 Faiq Bolkiah

 

Métier d’agent de joueur de foot

La profession d’agent de joueur de football évolue parallèlement à l’évolution de son secteur. Or, celui-ci fonctionne de plus en plus comme une industrie lourde.

De sorte que la profession tend elle-même à se diversifier pour répondre à toutes les demandes que cette industrie génère.

Des avocats ont ainsi profité de la loi de modernisation de leur profession, datant de 2011, pour élargir leur activité à celle de mandataire sportif. Celle-ci ne nécessite aucune licence et elle n’a fait que se développer depuis l‘arrêt Bosman du 15 décembre 1995.

Par ailleurs, de nombreuses écoles de commerce, comme ESG Sports, proposent à leurs étudiants de les former au management sportif.

Cette diversification et l’inévitable harmonisation européenne de la réglementation, propre à la profession, ne peuvent, à terme, que conduire à des adaptations majeures, nécessitant de solides formations.

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