Le stade de France : un pari audacieux

Le Stade de France est le plus grand stade de France. Plus qu’aucun autre stade européen, il est l’expression d’une volonté politique. C’est, en effet, l’État à son plus haut niveau qui a conçu, planifié et organisé la construction du Stade de France. Aucun club résident et aucune structure privée ne figurent donc parmi ses fondateurs.

Les origines du stade de France 

Un stade des Princes trop petit

Avant le Stade de France, comme partout en Europe, le plus grand club de football de la région parisienne, autrement dit, le PSG, a son stade : le Parc des Princes. 

Le Parc des Princes
Le Parc des Princes

A l’origine, c’était un vélodrome, mis en service en 1897. Il y a plus de 120 ans ! Et ce n’est qu’en 1972 qu’il devient un temple du football. Le PSG, qui vient à peine d’être créé, en devient tout de suite le club résident. Il l’est encore et le Parc de Princes, récemment rénové, avec des équipements high tech et ses 50 000 places, se porte comme un charme.

 

La coupe du monde 1998

Seulement voilà, en 1992, la France est choisie pour organiser la coupe du monde de football de 1998. Et le couperet tombe. L’historique Parc de Princes situé dans l’ouest parisien est jugé trop petit.

Comme la question est sur le tapis depuis un moment, au moins depuis la fin des années 80, toutes les notabilités gouvernementales s’en mêlent, à un moment ou à un autre. 

Mais, c’est Jacques Chirac qui remporte la mise.

 

La “main” de Jacques Chirac

Abandon du projet de Stade de France à Melun Sénart

Michel Rocard, alors Premier ministre, choisit Melun-Sénart comme site d’implantation du futur stade, en 1991. Eh bien non, ça ne se fera pas. Jacques Chirac, alors Maire de Paris, n’est pas d’accord. Melun-Sénart, c’est trop loin de Paris. 

Choix d’un stade de France multifonctionnel à Saint Denis

Le temps passe, les ministres et les présidents aussi. Edouard Balladur devient Premier ministre en 1993 à la suite des élections législatives. François Mitterrand est encore Président de la République, mais Edouard Balladur enterre le projet rocardien.

La Plaine saint Denis sort du chapeau et les travaux commencent très vite. Dès 1995. C’est que le projet a tout pour plaire. Notamment à Jacques Chirac qui a remplacé François Mitterrand à la tête de l’État. 

Il est multifonctionnel, et donc pas uniquement dédié au foot, et surtout, c’est un bon moyen pour faire du développement local dans une zone jugée déshéritée. 

 

Choix de l’équipe d’architectes pour la construction du Stade de France 

Deux projets sont sur la ligne de départ, celui d’une équipe constituée des architectes Macary-Zublena-Regenbal- Constantini et celui du grand architecte Jean Nouvel. Ce dernier est le mieux noté, mais il sera quand même écarté. On préfère son concurrent qui a la chance d’être soutenu par les grands du BTP en France.

Mais, il est vrai, également, moins coûteux. Le fait est qu’à peine commencés, le 2 mai 1995, le nouveau stade est inauguré deux ans plus tard.

 

Choix du nom du nouveau stade

On a longtemps parlé du projet sous le nom de Grand Stade, mais à partir d’un certain moment, il a bien fallu lui trouver un nom. 

Lors d’une consultation populaire organisée par une radio auprès de ses auditeurs, le nom de Michel Platini fut plébiscité. Mais, l’intéressé, alors membre du comité d’organisation du mondial, se récusa prudemment.

D’autres noms furent avancés, mais finalement, allez savoir pourquoi, Liane Foly et Francis Huster proposèrent le nom de Stade de France, et c’est finalement ce nom qui fut retenu par le jury constitué à cet effet par le ministre des sports de l’époque, un dénommé Guy Drut.

 

Une inauguration du Stade de France pleine de promesses

Toujours est-il que, si on s’en tient à ses tout débuts, et notamment à son inauguration en grande pompe le 28 janvier 1998, le Stade de France démarre sous les meilleures auspices.

L’inauguration est faite en présence du Président de la République, Jacques Chirac, c’est bien le moins, vu la part qu’il y a pris, et le premier match officiel de l’histoire du nouveau stade est un match opposant, ce même jour, l’équipe de France à l’équipe d’Espagne. 

Près de 80 000 spectateurs, soit la quasi pleine capacité du nouveau stade, ont fait le déplacement pour assister à l’évènement, insensibles au froid qui règne en ce jour d’hiver.

Une inauguration du Stade de France pleine de promesses
Une inauguration du Stade de France pleine de promesses

Tout le monde est content. Les commentaires sont tous plus élogieux les uns que les autres. Le “tout sportif national” se presse dans les tribunes officielles. Avant le match, 1200 jeunes animent un beau spectacle, digne des jeux olympiques, que deux jeunes de Saint Denis clôturent en coupant en deux un immense drapeau français pour laisser entrer sur la pelouse les deux équipes inaugurales.

Zinedine Zidane y marquera le premier but. Tout un symbole ! C’est le délire. Tout est grandiose, immense, fabuleux. Le football français entre, de l’avis des personnes les plus autorisées, dans une nouvelle ère. Rien de moins !

Chiffres clés du Stade de France

La gestion difficile du Stade de France

Le Stade de France est certes multifonctionnel, mais en 2017, il n’avait toujours pas trouvé sa viabilité économique et la société qui gère les équipements ne cesse d’accumuler les déficits, année après année. Déficits qui lui coûtent au demeurant fort peu, puisqu’ils sont pris en charge par l’État.

D’après un rapport de la Cour des comptes rendu public en 2018, la subvention d’équilibre versée par l’État, pour les compenser, correspond à 5 % de la totalité du budget du Ministère des Sports. 

En réalité, le Stade de France souffre d’une multifonctionnalité difficile à mettre en œuvre. C’est une chose d’alterner les matchs de football avec les matchs de rugby, c’en est une autre de transformer un terrain de football ou de rugby en arène d’athlétisme.

 

Le Stade de France est un stade d’Etat

Outre ces difficultés, le Stade de France a finalement du mal à trouver sa voie. Ou son identité. À l’échelle européenne, c’est le seul grand stade sans équipe résidente, ce qui en fait, finalement, un stade d’État. 

On aurait très bien pu imaginer, par exemple, une structure originale, associant deux équipes résidentes, une de football et une de rugby, à la manière du stade Giuseppe Meazza de Milan qui héberge à la fois l’Inter et l’AC Milan.

Mais, on en est loin, et dans un contexte libéral, force est de constater que la prise en charge par l’État d’un tel équipement n’est guère plus justifié que sa participation dans certaines entreprises industrielles non stratégiques.

Enfin, malgré son statut particulier, ou à cause de ce statut, le Stade de France n’est pas une structure dont il est facile d’assurer la sécurité, comme les incidents de mai 2022 en ont fait la démonstration.

 

Le beau palmarès du Stade de France

Il n’en reste pas moins que malgré ces difficultés, le Stade de France a un beau palmarès. Depuis l’ouverture du Stade de France, les évènements sportifs et culturels s’y sont multipliés. 

Après la coupe du monde de football de 1998, le Stade de France a accueilli toutes les finales de Coupe de France et du championnat de la Ligue, et 3 finales de ligue des champions en 2000, 2006 et 2022. Cela pour le foot.

Pour ce qui est du rugby, il est partie prenante du Tournoi des six nations et, naturellement, le stade où ont lieu toutes les finales de Rugby à XV.

Mais, multifonctionnel, le Stade de France accueille, également, d’autres évènements sportifs, dont des compétitions d’athlétisme, d’automobiles ou de moto cross

Enfin, le Stade de France, ce sont aussi pas moins de 33 grands spectacles grâce auxquels on a pu voir, entre autres, Bruce Springsteen, Depêche mode, Ed Sheeran, Madonna et, bien sûr, Johnny Halliday.

 

Perspectives du Stade de France 

 

J.O 2024 de Paris

Fort de ce beau palmarès, l’avenir du Stade de France est souriant. Les Jeux Olympiques de Paris 2024 sont désormais en ligne de mire. Et le Stade de France y jouera le premier rôle. D’ores et déjà, des travaux de rénovation sont en cours. Ce sont près de 450 millions d’euros qui vont y être injectés et s’ajouter aux 2 milliards du coût initial de la construction. 

Tournée Mylène Farmer 2023 

Mais avant les J.O de 2024, un autre évènement inoubliable se profile, celui de la grande tournée des stades de Mylène Farmer. Celle-ci se produit au Stade de France, les 30 juin et 1er juillet 2023.

 

Visiter le Stade de France 

Comme tous les stades mythiques, le Stade de France se visite. Elle dure, en général, 1h30. Elle permet d’entrer dans ses coulisses, de suivre le parcours emprunté par les plus grands sportifs, et au moment d’entrer sur sa pelouse, de revivre tous les grands évènements qui s’y sont déroulés. On peut aussi les revivre en prenant le temps de regarder les documents exposés dans son musée. 

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