Aujourd’hui, âgé de 76 ans, Franz Beckenbauer, n’a rien perdu de sa prestance, c’est toujours, le Kaiser Franz, le roi du libéro, malgré les années. Fils d’un postier, né au milieu des ruines de l’Allemagne, en septembre 1945, la vie de Franz Beckenbauer devait être celle, toute tracée, d’un courtier en assurances. Le destin en a décidé autrement. Par la magie du foot ! C’est dès 1958, à 14 ans, qu’il commence une carrière qui l’amènera vers les plus hauts sommets et fera de lui un homme riche et comblé d’honneurs.
Les débuts au Bayern Munich
Franz Beckenbauer entre au Bayern Munich par défaut. Après avoir fait ses preuves, très tôt, comme attaquant pour le SC 1906 Munich, ce qu’il veut c’est intégrer le meilleur club de Munich. Or, à l’époque, ce n’est pas le Bayern Munich, mais le TSV Munich 1860.
C’est là que le destin intervient. Lors d’une rencontre entre jeunes footballeurs locaux, il est durement frappé par un joueur du TSV. Grand, mais pas athlétique, Franz Beckenbauer ne veut plus entendre parler du TSV et rejoint alors le Bayern Munich. On est en 1958 et il a 14 ans.
Comme quoi, ce qui peut apparaître, sur le moment, comme un échec se révèle, après coup, comme un coup de chance.
La carrière de Franz Beckenbauer au Bayern Munich (1958 – 1977)
Un style de jeu novateur pour un libéro
Quand Franz Beckenbauer arrive au Bayern Munich, c’est un petit club de 2ème catégorie. Mais, très vite, il y fait des étincelles comme ailier gauche. De sorte qu’à 17 ans, il passe pro et 3 ans plus tard, à 20 ans, il devient titulaire de l’équipe première. Là, d’ailier, il passe à milieu de terrain.
Et, à cette place, il impose un jeu novateur de libéro offensif et non plus uniquement défensif. Le roi du libéro est né. Il fera du Bayern Munich, un club star et de Franz Beckenbauer, le Kaiser Franz.
Le Bayern Munich devient un club star avec un palmarès époustouflant
A partir de 1964, tout change pour l’équipe première du Bayern Munich. La tactique des raids offensifs menée par Franz Beckenbauer depuis le centre de la défense et créant des ouvertures dans la défense adverse se révèle extrêmement payante.
A tel point que Franz Beckenbauer devient rapidement capitaine de l’équipe. Le club munichois est ainsi sacré :
- 4 fois champion d’Allemagne en 1966, 1967, 1969 et 1971.
- 4 fois champion de la Bundesliga en 1969, 1972, 1973 et 1974.
- 3 fois champion de la coupe des clubs champions en 1974, 1975 et 1976.
- 1 fois champion de la coupe intercontinentale en 1976.
Pour sa part, en 396 matchs, Franz Beckenbauer marquera 44 buts, avant de mettre fin à sa carrière de joueur au Bayern en 1977. Non s’en s’être vu attribué, deux fois de suite, le ballon d’or, en 1972 et 1976 et 4 fois de suite le trophée de meilleur joueur de l’année en 1966, 1968, 1974 et 1976.
Une carrière à son apogée avec le Mondial 1974
Evidemment, la puissance de jeu du Kaiser Franz, surnom qu’il doit à une photographie devant le buste de l’empereur d’Autriche François-Joseph, en 1968, en fait un pilier de la sélection nationale de la RFA de 1965 à 1977.
Au vu de ses résultats avec le Bayern Munich, Franz Beckenbauer va accumuler les sélections dans l’équipe nationale. Les débuts ne vont pas y être faciles. En effet, il ne peut pas s’y exprimer totalement à sa façon.
Il sera donc seulement finaliste pour la coupe du monde 1966. Mais, après avoir gagné la coupe d’Europe en 1972, il impose son jeu au mondial 1974, malgré le football intégral de Johan Cruyff.
Fin de carrière brillante du roi du libéro (1977 – 1983)
Après quoi, après son départ du Bayern, il joue quelque temps pour le Cosmos New York dans le cadre d’un contrat de joueur très rémunérateur. On parle de 2,5 millions de dollars.
Ses employeurs ne seront pas déçus puisqu’il contribue à ce que le club devienne champion de la North America Soccer League (NASL) en 1977, 1978 et 1980. Il sera, d’ailleurs, déclaré meilleur milieu de terrain de la ligue en 1978, 1979 et 1980.
Ce qui ne l’empêche pas de faire, à 35 ans, un dernier tour de piste avec le HSV Hambourg de 1980 à 1983. Dernier tour heureux, puisque le club remporte la Bundesliga en 1982.
En résumé, Pelé dira de lui :
Sur le terrain, il se distinguait davantage par son intelligence que par sa puissance. Son style de jeu était plus brésilien qu’allemand.
Franz Beckenbauer, un entraîneur reconnu (1984 – 1996 )
Sa carrière de joueur terminée, Franz Beckenbauer commence alors celle d’entraineur. Il est ainsi entraineur de l’équipe nationale de 1984 à 1990, de l’OM de Bernard Tapie, pendant quelques semaines en 1990 et du Bayern Munich de 1994 à 1996.
Entraineur de la sélection nationale (1984 – 1990)
Il conduit l’équipe nationale à la victoire au Mondial 1990, après l’avoir ratée de peu en 1986, en finissant finaliste. Il est, de ce fait, un des rares joueurs à avoir gagné deux fois un Mondial, d’abord comme joueur, puis comme entraineur.
Directeur technique de l’OM (1990)
Pour ce qui est de sa brève contribution à la direction de l’OM en 1990, elle est due à la fois aux difficultés d’adaptation liées au barrage de la langue, mais, sans doute, surtout, aux problèmes judiciaires, liés à l’affaire OM-VA, qui frappent l’OM à cette époque.
C’est d’ailleurs à partir de celle-ci que Jean-Pierre Bernès, qui y est impliqué, entamera de son côté une grande carrière d’agent de joueur.
Entraineur du Bayern Munich (1994-1996)
Franz Beckenbauer termine sa carrière d’entraineur là il l’a commencé, c’est-à-dire au Bayern Munich. Il en est l’entraineur de 1994 à 1996, 36 ans après y être entré comme joueur.
Sous sa direction, le club remporte la coupe d’Allemagne en 1994.
Franz Beckenbauer, le libéro devenu grand dirigeant de la planète foot
Racé, élégant, intelligent, Franz Beckenbauer, le Kaiser, incarne la nouvelle Allemagne réunifiée. Une fois sa carrière de joueur et d’entraineur terminée, commence alors pour lui, celle de grand dirigeant de la planète foot.
Président du Bayern Munich (1994-2009)
Il va donc donc commencé par être président du Bayern Munich à compter de 1994. Il le reste jusqu’en 2009. Date à laquelle il quitte cette présidence, pour devenir président d’honneur du club. Ce qu’il est encore à l’heure actuelle.
Vice-président de la DFB (1998- 2010)
De la présidence du Bayern Munich à un poste clé à la fédération allemande de foot, la DFB, il n’y a qu’un pas. Il en est le vice-Président, de 1998 à 2010.
Membre du comité exécutif de la FIFA (2007-2011)
Parallèlement à ses hautes fonctions en Allemagne, son cursus honorum se poursuit en devenant membre du comité exécutif de la FIFA de 2007 à 2011.
A ce titre, il est chargé de l’organisation de la coupe du monde 2006 en Allemagne. L’équipe nationale finit 3ème de la compétition.
Récompenses honorifiques
Pour le récompenser, entre autres, de son implication dans le fonctionnement des instances footballistiques, Franz Beckenbauer recevra l’ordre bavarois du mérite et l’ordre du mérite de la RFA.
Franz Beckenbauer, le libéro maître du jeu
Franz Beckenbauer est, en effet, un spielfürher, un meneur de jeu, accompli. Que ce soit sur le terrain, sur le banc de touche ou dans les coulisses, institutionnelles et financières, Franz Beckenbauer est le Kaiser.
Certes, on lui reprochera de s’être, peut-être dopé, avec des vitamines non identifiées, et ce qui est sûr, avec son propre sang, mais il saura passer entre les gouttes.
Y compris celles qui ont entaché l’organisation du Mondial en 2006 où l’on parle d’une somme rondelette de plus de 6 millions d’euros qui aurait circulé pour garantir l’attribution de son organisation à l’Allemagne.
Quant à sa famille, il se mariera 3 fois, aura 5 enfants, dont 4 fils, dont l’un, Stephan, malheureusement décèdera d’une tumeur au cerveau à l’âge de 46 ans.
A l’issue de son brillant parcours, Franz Beckenbauer est aujourd’hui un homme riche à la tête d’une fortune estimée à près de 300 millions d’euros, judicieusement investie dans l’immobilier et les assurances.
Désormais, le roi du libéro passe sa retraite dans une très belle villa contemporaine à Salzbourg ou dans son grand chalet d’Obendorff dans le Tyrol autrichien.

